Roumanie
Viens, o Muse exhalant de suaves parfums,
Viens! Il faut aujourd’hui te couronner de rose,
Il faut laisser flotter epars tes cheveux bruns,
Car nous allons chanter une bien douce chose :
Nous allons toutes deux parler de mon pays,
De ses blondes champs de ble que le Danube arrose,
De ses coteaux couverts de vigne et de mais…
Le sourire de Dieu fit ces fieres montagnes :
Beaux hommes travaillent dans les riche campagnes ;
Femmes filant la laine et chantant, en riant.
Belles comme le ciel bleu, pres de la fontaine :
Tout est la, dans ce point elu de l’orient.
Muse aux ailes d’argent, ma seule souveraine,
Toi qui peux t’envoler aux demeures des dieux,
Cours! Elance-toi vite, et que ta brune tresse
Parfume l’air autour de toi. Va dans les cieux,
Radieuse, en roulant tes airs pleins de tandresse,
Et cette hauteur, regarde autour de toi.
A tes pieds, tu verra en bas, sur cette terre
Au couchant, entre un fleuve immense, un fleuve roi,
Et des monts dont les bois sont remplis de mystere,
Un coin fleuri, dore, lumineux ; si tu dis
En voyant ce coin-la ; Mais c’est le Paradis!
C’est le pays de Dieu , c ;est la terre benie!
- Muse, tu diras vrai :
Car c’est la Roumanie.
